Batman - The dark knight, le chevalier noir
Ecrit par Abulurd le 2008-08-22
film de Christopher Nolan
Le côté obscur de la chauve-souris
(Aaaah ben pour une fois que je vois un film avant qu'il ne sorte en VHS, chuis bien content tiens.)
Réalisé par Christopher Nolan après le très remarqué "Batman Begins", ce deuxième opus reprend la même vision du monde de Batman que le premier (et c'est tant mieux). On retrouve donc cette atmosphère sombre, presque monochrome de Gotham-New york, et avec plaisir la galerie de personnages vedettes du premier : Gary Oldman (très très sobre comme il faut en commissaire Gordon), Morgan Freeman, un génial Michael Caine en Alfred, et Christian Bale, encore plus sobre (un peu trop froid même ...).
Mais comme à chaque fois dans ce genre de film, ce sont les méchants qui se taillent la meilleure interprétation. Et cette fois, Batman se coltine ses 2 ennemis les plus connus (ou les plus torturés), que sont le Joker (qu'on avait déjà vu sous les traits de Jack Nicholson) et Harvey Dent dit "double face" (oui, comme le scotch).
Alors oui, évidemment, Brockback Moutain cowboy est vraiment ébouriffant en Joker, mais bon, on est un peu frustré quand même car son jeu doit se deviner pendant tout le film derrière un maquillage en crème chantilly de 10cm d'épaisseur (vous me direz, pas facile de jouer quand on est entarté ...).
Mais Harvey, le brillant procureur sauveur de la veuve et de l'orphelinat, rattrape tout. Chevalier du bien, rempli de doutes déontologiques, en équilibre entre la lumière et le côté obscur, toujours sur le fil du rasoir, il incarne à lui même l'enjeu de cet opus. Car au-delà de la lutte "gentils bonhommes en collants fluos contre méchants névrotiques sortis de l'asile", il pose les questions de la limite, de "jusqu'où on peut aller pour combattre le crime", de "est-ce qu'on doit se rabaisser à leur niveau pour les combattre", ces questions fondatrices de l'univers de Batman même.
Et qui plus est, le personnage de Harvey est très bien interprété par Aaron Eckhart que j'avais l'honneur de ne pas connaître, tellement bien interprété d'ailleur que le passage au côté obscur de Harvey m'a paru dix fois plus crédible que celui d'un certain Anakin S. dans une célèbre hexalogie.
Bref, on en revient à ce qui fait de Batman un super héros à part, et même on devrait dire super anti-héros. Torturé, aussi sombre que le Batman de Franck Miller (Dark Knight 1 et 2, à ne pas confondre avec le film). Bon, allez, j'avoue, c'est quand même un peu long par moments, notamment cette course en avant interminable du Joker, on se demande quand on va l'arrêter. Mais à part ca, tout est bon. Même la ziq de Hans Zimmer, qui sait se faire ryhtmée mais non pompeuse (c pas du gladiator non plus) est dans le ton.
Alors oubliez les versions de Tim Burton qui sont plus du Burton que du Batman, oubliez (ou brûlez plutôt) les versions colorées de Schumacher (Georges Clooney en Batman , Monsieur "What else" en combi moulante? Ah ah aaah ... euh ...), voilà le vrai Batman, celui qui veut sauver Gotham d'elle même, celui qui se tapit et reste en retrait, celui qui se pose des questions sur sa légitimité, et finalement celui qui ne désire qu'une chose : pouvoir enfin se reposer.
Avec Christian Bale, Heath Ledger, Aaron Eckhart
Film américain.
Année de production : 2008
Titre original : The Dark Knight






