Bienvenue au club - Le cercle fermé
Ecrit par Abulurd le 2008-04-27
Dilogie de Jonathan Coe
On s'était dit rendez-vous dans 20 ans...
Pour me changer la tête de mes lectures habituelles, j'ai eu la bonne idée de piquer à ma femme ces 2 bouquins. Et cette fois, plus de hobbits ni autres Jedis, pas d'anneaux à aller enterrer ni de pseudo-père en masque noir à retrouver, non, juste l'histoire et la vie d'une bande de copains en Angleterre depuis les années 70 jusqu'au début 2000. Tout commence dans Bienvenue au club par les (més)aventures de Benjamin, Paul, Philip, Claire ou Doug, jeunes lycéens de Birmingham emmêlés dans les préoccupations de gamins de leur âge (mais si, vous savez bien, tout ce que vous pensiez à l'époque sans le dire à personne du genre la belle Cicely me regardera-t-elle, moi le petit pouilleux insignifiant que personne ne remarque ?). On s'identifie ainsi facilement aux personnages, car ils nous renvoient à notre propre jeunesse au fond (est-ce que j'étais si niais à l'époque ? C'est pas possible). Mais l'originalité de Coe, et c'est là toute l'intelligence du sujet, est d'avoir passé ce récit sous le vitrail de l'ambiance et du contexte bien particulier de l'Angleterre des années 70. La lutte des classes avec des syndicats surpuissants (si si, ça a existé), la situation en Irlande du Nord, et même les influences baba cool ou musicales tordues, donnent un point de vue différent sur ces jeunes.
A mon avis bien plus accessible qu'un Chronique de San Francisco de Maupin, mais aussi plus recherché, Bienvenue au club est suivi logiquement par Le cercle Fermé, ou Que sont-ils devenus 20 ans après ?. Evidemment, on voit là les déceptions de leur rêves déchus. Mais en doutiez-vous ? Qui n'a jamais rêvé de devenir un artiste majeur et innovant d'une nouvelle forme d'art révolutionnaire pour devenir comptable à la B.N.P. 20 ans après ? Qui ne s'est promis de barouder autour du monde avec 1€ en poche (non, je ne parle pas de Pékin Express) pour finalement ne pas sortir de la banlieue de St Dizier ? Attention, ce n'est pas non plus à lire en écoutant Bruel et sa Place des grands hommes car point de nostalgie ici, mais comme dans le premier tome, les souvenirs et retrouvailles des personnages sont mis en lumière par le contexte des années 1990-2000 (11 septembre, an 2000, Irak...). Un deuxième tome différent donc, qui ne joue pas sur les mêmes cordes que le 1er, mais qui se déroule avec plaisir et sans longueurs.
Un seul regret : que cela se déroule en Angleterre, car nous ne sommes pas forcément tous experts en histoire britannique (en tous cas pas moi). L'idéal serait, pour vraiment s'y retrouver, un Bienvenue au club qui se déroulerait au lycée Victor Hugo de Montargis. Qui se lance ? Cela existe peut-être déjà ?





