Breaking Bad
Ecrit par Jeff le 2008-01-30
Avec Bryan Cranston, Anna Gunn, Aaron Paul, RJ Mitte, Dean Norris, Betsy Brandt
Crise de la cinquantaine : Et si ma vie bien rangée n'était qu'un gros bobard ?
Dans un désert apparemment californien, un camping-car couleur crème et bandes orange/caramel fonce à tombeau ouvert sur la route poussiéreuse, piloté à la limite de la perte de contrôle par un gars en slip kangourou coiffé d'un masque à gaz sur la face.
L'engin propulsé tel un bolide dérape de droite à gauche, de gauche à droite à la sollicitation musclée du volant. A l'arrière, tout ce qui devait être bien rangé à sa place n'a pu résister à la force de gravité et fait désormais des glissades en aller-retours sur le plancher recouvert d'un liquide brun. La buée qui se condense sur la visière, masque bientôt intégralement le panorama de notre homme qui, en panique totale, finit sa course dans le ravin.
L'homme encore éberlué s'extrait du véhicule. Tandis que les sirènes qui hurlent au loin se font de plus en plus présentes, il trouve l'esprit nécessaire pour prendre son caméscope afin d'adresser ce qui a l'air d'être un dernier message à sa famille.
Voilà les premières images de Breaking Bad, nouvelle série de la chaîne AMC qui a notamment remporté 2 GoldenGlobes en 2008 pour la série "MadMen".
C'est avec délectation qu'on revoit les pièces du puzzle de cet épisode pilote qui nous explique comment Walter White interprété par Bryan Cranston (Le père dans Malcolm in the Middle) a pu en arriver là.
Walter père de famille, a une vie loin de ce qu'il attendait. Il doit cumuler deux boulots : Prof de sciences au lycée du coin, qui peine à distiller le savoir face à une assemblée d'élèves à l'oeil inexpressif, et employé dans une station de lavage auto, auquel on n'accorde aucune considération.
C'est un déclic radical qui s'opère dans l'esprit de Walter qui prend conscience de la médiocrité de sa vie, lorsqu'il se fait ridiculiser, en devant laver la voiture d'un de ses élèves.
Pour couronner le tout, alors qu'il vient de fêter son 50e anniversaire, il apprend qu'il est atteint d'un cancer incurable.
Il trouve alors une solution singulière, pour un prof, dans l'espoir de changer ce qui reste de sa vie et la vie de ses proches, en boulverssant son ancienne conception morale.
En apparence nous avons là une présentation catastrophique qui aurait pu s'orienter vers un récit qui plombe définitivement le moral, même sous gaz hilarant. Hors, en réalité cette série jongle admirablement avec le pathétique, le dramatique et le comique de situation parfois gore, ce qui hisse "Breaking bad" au niveau d'un objet hybride à l'ADN de "My Name Is Earl" croisé avec "Las Vegas Parano" .
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