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Bruce Springsteen

Ecrit par Tanguy le 2008-01-17

[Retour sur] - Magic tour 2007

La dernière tournée du Boss

Ca fait quatre ans que le Boss et le E-Steet band n’avaient pas fait chauffer nos oreilles ! Durant cette période, Bruce Springsteen a sorti un album hommage à Peter Seeger, très orienté folk et New Orleans. Ici, on reprend les bons vieux repères, familiers et rassurants : le gros son du E-Steet band, le saxo de Clarence (assez peu présent sur The Rising, précédent opus du groupe du New Jersey), les guitares costaudes, la batterie imparable. Ce qui frappe à la première écoute de cet album, un peu comme dans The Rising, c’est la variété des chansons, des rythmes et des ambiances. Le rock imparable et sans conscession de Radio Anywhere, les mid-tempo de You’ll Be Comin’ Down, I’ll Work For Your Love, les ambiances plus sombres et accoustiques de Magic, Terry’s Song, Devil’s Arcade et la petite bleuette Girls In The Summer Clothes. Trop souvent, Springsteen a été réduit au gueulard de Born In The USA alors qu’il démontre à chaque fois une capacité à exceller dans tous les registres. Magic est moins facile en première écoute que The Rising, les compositions sont peut-être un peu moins marquantes que My City Of Ruins, Lonesome Day ou Waitin’ For A Sunny Day. Mais c’est un album qui, à force de tourner en boucle devient attachant et émouvant. Aucune composition ne fait défaut, il n’y a pas de facilité avec Springsteen, ça sonne authentique. Un gros bémol à la production globale qui noie un peu le groupe dans un maelstrom parfois déroutant. C’est une musique chaleureuse et humaine qu’on attend tout près de soi et parfois, les tonnes d’une production pas très subtile empêchent de rentrer dans les morceaux.

La solution ? Les gladiateurs dans l’arène ! Bruuuuuuuuuuuuce ! Live on stage !
C’était le 17 décembre 2007 à Bercy. Le POPB, plein comme un œuf et l’impatience de 17 000 personnes de voir le Boss. Aux premières notes de Radio Nowhere, pas de souci tout le monde est là ! Enfin, presque tout le monde. Patti Scalfa n’a pas le déplacement (elle garde les enfants, Bruce s’excuse) et XXX au clavier a été remplacé par un musicien de la tournée We Shall Overcome. Ca joue fort, très fort. Trop fort pour les enceintes de Bercy qui saturent complètement et produisent une bouillie sonore suraigüe et désagréable. Mais peu importe, le Boss tient la scène. Il revisite ses standards : Born To Run, Night, Badlands, Jungleland, The River avec beaucoup de sincérité et une vitalité communicative. Il livre une version furieuse de Reason To Believe avec un harmonica rageur. Il fait chanter tout le monde avec Waitin’ For A Sunny Day, fait danser tout le monde avec l’imparable Dancing In The Dark ou le très, très sautillant American Land. Et il égrène les deux tiers de Magic avec une énergie incroyable. Le E-Street band est chauffé à blanc : le saxo perfore les tubes du boss, les guitares se croisent, se tordent, se confondent, le piano et les synthès assurent l’ambiance tantôt intimiste, tantôt rock. Une mention spéciale à Max Weinberg, le batteur. Les moulinettes, la puissance de ses coups, son inépuisable énergie, sa régularité, véritable colonne vertébrale du groupe. Et les lumières s’allument une dernière fois. Il y a 5 minutes, tous spots allumés, Paris communiait avec le groupe avec une joie partagée évidente, on sautait, on levait les bras, on chantait. Et Bruce lançait un See You Next Summer pour un RDV au Parc de Princes en juin. J’ai les oreilles en compote et la gorge fatiguée. Bruce et son groupe ont joué près de 2h30 non stop. Et malgré tout, on a qu’une envie. Encore !

Bruce Springsteen