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Chico et Rita

Ecrit par Edwige le 2011-08-11

Long-métrage d'animation de Fernando Trueba

Beau, sensuel, captivant, Chico et Rita est un film d'animation jazzy réussi, à la fois divertissant et instructif. Hommage aux musiciens cubains des années cinquante, le film nous renseigne sur cette époque en racontant l'histoire d'un pianiste talentueux à la recherche d'une voix féminine pour accompagner ses compositions. Il trouve la femme parfaite, une beauté, dont la voix est loin d'être le seul atout, et tombe passionnément amoureux. Chico et Rita est le récit de ces deux vies qui se croisent, de la relation qui se tisse et se détisse au gré des obstacles : jalousie, égos, contexte social et politique. Narré sous forme de différents flashbacks mélancoliques, et ponctué d'envolées hollywoodiennes le film est truffé de trouvailles musicales originales bien exploitées - en témoigne la scène de course-poursuite du début : rythmée, enlevée, drolatique.

Il y a du New York, New York (Scorsese) dans ce long-métrage au croisement du film musical et d’animation : un amour passionnel, une chanteuse et un musicien dont l'association est tout autant bénéfique qu'explosive, une musique à succès, la superficialité du monde du spectacle, l'incroyable attrait de New York, les rêves et dangers du show-business, un personnage masculin irascible à ses heures, un personnage féminin volontaire et ambitieux, et surtout, la mise en valeur de l'époque du bebop : les années quarante / cinquante.

Chico et Rita fait de la ville de New York une sœur de La Havane en magnifiant ce qui les liait à cette époque : la musique. New York tout entier devient une sorte d'immense scène dédiée au latin jazz. Mais les différences sont aussi clairement mises en évidence : le climat est plus froid, l'atmosphère plus sérieuse, la mode plus étudiée, la criminalité plus expéditive. Chaque ville a son esthétique : horizontale et colorée pour La Havane, verticale et sombre pour New York.

Au départ cette esthétique peut désarçonner par son simplissime (traits épurés, aplats de couleur), qui s'avère plus sensible qu'il n'y paraît. Un trait s'allonge pour montrer un visage qui se tourne, les formes ondulées de Rita bougent au rythme de la musique et progressivement, on se laisser conquérir, on est transporté par la musique, emporté par l'histoire d'amour, révolté par le racisme sous-jacent, par la toute-puissance de l'argent-roi. On en sort dépaysé et enrichi, comme après un long voyage.

Chico et Rita