Eric Clapton
Ecrit par Tanguy le 2008-01-17
[Retour sur] - Tournée Eric Clapton 2006 2007 – Back Home.
Un petit coup d'oeil sur la dernière tournée de l'ami Clapton.
Après avoir eu pas mal de malchance dans sa vie, Eric Clapton peut se dire qu’il a plutôt eu de la veine en 2006-2007. A la suite d’un album parfaitement insipide comme Back Home, on pouvait lui promettre une tournée laborieuse. Que nenni ! Faisant une impasse polie sur sa dernière oeuvre, il continue sa démarche de réconciliation nationale ! Après avoir ressorti du placard ses vieux acolytes de Cream pour un live mémorable et avant de revisiter en 2008 ses standards de Blind Faith avec le toujours très vert Steve Winwood, il rend hommage à une des ses œuvres majeures : Layla & Others Assorted Lovesongs. Epaulé, comme à son habitude, par la crème des musiciens dont deux guitaristes émérites, Doyle Braham II et Derek Trucks, héritier direct du grand Duane Allman, des Allman Brothers et l’autre guitare de l’album Layla, l’ami Eric revisite ses standards. Le trio des guitares est la belle surprise de cette tournée : trois guitaristes aux styles différents mais jamais opposés, toujours complémentaires. Pour avoir écouter quatre concerts : Osaka en 2006, Shangai, Fargo et Los Angeles en 2007, on comprend le succès de la tournée, parmi les plus rentables de l’année d’après les médias US. Clapton est un monstre de rigueur et d’économie d’effet, il sait aussi valoriser ses partenaires et prendre un plaisir évident à se mesurer à eux. Comme à l’habitude, la tracklist reste quasi inamovible, avec quelques variantes tout de même, mais chaque interprétation marque la recherche perpétuelle du bon son et du plaisir sur scène. Les inévitables (Cocaine, Wonderful Tonight, I Shot The Sheriff, Crossroads et Running On Faith) ont droit de cité mais des morceaux plus rares apparaissent : Motherless Children, After Midnight, Further On Up The Road, le ressuscité Got To Get Better In A Little While. A cela s’ajoute l’hommage à l’album Layla : Tell The Truth, Why Does Love Got To Be So Sad , Nobody Knows You When You’re Down & Out, Anyday, Key To The Highway, Little Wing). On note l’absence de Have You Ever Loved A Woman mais il s’agissait du morceau de bravoure de la tournée précédente. Ici, le long morceau sera Little Queen Of Spades, un vieux blues dépoussiéré. Près de 18 minutes à chaque prestation, chaque musicien y va de très, très long solos. Le public de Clapton est assez exclusif : Mary J. Blige se souvient encore de son accueil sous les hués (DVD Clapton & Friends). Parfois, l’accueil est un peu tiède pour les solos des autres musiciens qui osent amputer l’espace de Clapton et c’est injuste. La version de Cocaine se prolonge pendant une bonne dizaine de minutes et les trois guitaristes s’en donnent à cœur joie, le tempo rock laissant plutôt la place au low tempo de JJ Cale. Quelques perles acoustiques se fraient un chemin : Driftin’, Outside Woman Blues. Clapton semble dans l’ensemble de plus en plus détendu, bien secondé, à l’aise dans un répertoire choisi et non promotionnel (si ce n’est son énième best of pour les fêtes !) et enfin en paix avec ses vieux démons. A la sortie de Back home, Clapton avait confié qu’il ne savait pas comment son album serait perçu, c’était le premier à sortir alors qu’il était parfaitement heureux. Et si c’était ça l’os ? Les bluesmen ne sont pas fait pour être heureux : capable de revisiter leurs standards avec une vraie originalité, de transcender des vieux blues et empêtrer dans un blues rock FM complètement anachronique. Alors un nouvel album blues écrit par Monsieur Clapton ? On lui souhaite pas si c’est synonyme de drame personnel mais on l’attend quand même, histoire de changer la tracklist.
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