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Exposition Weegee

Ecrit par Abulurd le 2007-10-07

[Retour sur] - Au musée Maillol, Paris

Des cowboys et des hommes ...

Je m’étais pourtant juré, craché, sur mon honneur de scout, que jamais je ne mettrais les pieds dans cette exposition. D’abord, avouez-le, les pubs en 4x3 dans le métro, ça n’avait rien d’engageant (est-ce que je vais payer pour aller voir des photos noir&blanc de cowboys qui dorment moi ?). Deuxièmement, parce qu’en matière de photographie, je suis au degré zéro de la connaissance. Enfin, dernière raison et non des moindres, c’est une exposition que m’a conseillée mon chef au boulot, et quand on sait que son quotidien est fait d’expo de pop art moderne (Roy Lichtenst … Lichtetnts … non, laissez tomber), qu’il connaît les noms des scénaristes des mangas laotiens les plus obscurs, et surtout qu’il porte le vendredi des tee-shirts « pépé jeans » ou « hellboy », vous comprendrez que je n’avais aucune raison particulière de mettre les pieds dans ce musée en ce samedi matin.

Mais bon, passons, j’y suis, autant en profiter. Pour resituer, Weegee (de son vrai nom Usher Felig) photographiait des scènes de la vie New-yorkaise dans les années 30-40. Mais la particularité, c’est qu’il était branché sur les fréquences de la police, ce qui lui permettait d’être toujours présent sur les scènes chaudes du moment. Et cela nous permet tout autant d’admirer son coup d’œil pointu que son sens de l’ironie légèrement macabre. Pour exemple, une série de photos de gens fraîchement dézingués dans la rue, quand la police vient juste d’arriver sur les lieux du crime, où c’est le petit détail que l’on recherchera à chaque fois. Ici, c’est un corps allongé devant le début d’inscription du mot « restaurant » qui devient « rest (repos) » ; là, un autre allongé devant le gros titre d’un cinéma avec en lettres lumineuses « la joie de vivre ».
Bref, un regard décalé et original, loin des clichés de l’Amérique héroïque et propre sur elle de ces années (y compris en temps de guerre). Pas forcément de belles photos qui m’ont ému aux larmes (sauf peut-être une ou deux), mais des instantanés de joie, de douleur, des scènes d’opulence autant que de pauvreté, la vraie vie à New York quoi, toujours avec ce coup d’oeil malicieux. Eh oui, ça me fait mal de le dire mais, au final, une expo très intéressante !

Arrrghh zut, c’est malin, mon chef va continuer à me proposer des trucs chelou maintenant …


Exposition Weegee