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Kane and Lynch

Ecrit par G-Rom le 2008-02-06

Testé sur PS3

Le studio IO Interactive délaisse un temps le côté infiltration de sa licence phare Hitman au profit d’un Kane et Lynch à l’action survoltée.
Un polar dont vous êtes le héros
On connaissait la passion des développeurs danois d’IO Interactive pour le cinéma grâce aux différents clins d’œil que l’on pouvait relever ici et là dans Hitman, mais pour Kane et Lynch : Dead Men, on nage carrément en plein polar. Ainsi, nous ne sommes plus en présence d’un jeu qui se contente de multiplier les allusions aux plus grandes œuvres du septième art, mais d’un titre entièrement construit comme un film d’action hollywoodien avec une mise en scène aux petits oignons, des dialogues épicés entièrement doublés en français et une bande son dantesque signée Jesper Kyd. Pour les sources d’inspiration, le premier nom qui vient à l’esprit est celui de Michael Mann, réalisateur de Collateral, Miami Vice et surtout de Heat, dont quelques scènes et certains personnages de Kane et Lynch semblent tout droit sortis, mais les amateurs du genre apprécieront à coup sûr !

On y incarne Marcus Adam alias Kane, un ex mercenaire d’élite ayant appartenu à un groupe se faisant appeler 7. À la suite d’une opération ayant mal tourné, Kane se retrouve sous les verrous et condamné à mort. Alors qu’il est transféré en fourgon blindé un détachement des 7 organise son évasion ainsi que celle de Lynch, un détraqué notoire, non pas pour lui sauver la vie mais pour récupérer le magot que Kane a eu le temps de cacher après l’opération ratée.
Kane et Lynch se retrouvent bien malgré eux contraint de faire équipe pour tant bien que mal arriver à faire face aux 7 avec la police aux trousses…

Ce synopsis annonce clairement la couleur sur le scénario du jeu certes loin d’être original mais qui reste bien ficelé et si bien amené que le joueur est tenu en haleine du début à la fin.

Un gameplay éprouvé
La contrepartie de cette narration prégnante, comme bien souvent dans ce genre de production, est une progression des plus linéaire et scriptée. Ainsi, manette en main, l’enthousiasme tombe un peu, la faute à un manque cruel d’originalité dans le gameplay proposé par Kane & Lynch. Le soft fait la part belle à des fusillades endiablées dans lesquelles on passe son temps à se mettre à couvert avant de vider son chargeur sur des ennemis à l’intelligence artificielle indigne d’un jeu nouvelle génération. Leur comportement se limite à rester en position et tirer à tout va, ou partir à l’assaut tête baissée. L’intérêt du jeu n’en est pas pour autant réduit à néant grâce à des mises en situation sans cesse renouvelées comme ces séquences de shoot à bord de véhicules ou encore les phases de descente en rappel. Les objectifs de mission restent variés et les environnements alternent entre sombres ruelles, discothèque bondée, centre pénitencier, jungle inhospitalière, et les dernières missions se déroulent à la Havane au milieu d’une guerre civile.

Une autre subtilité du gameplay, là aussi déjà vue mais toujours bienvenue, permet de donner des consignes basiques à Lynch ainsi qu’à plusieurs mercenaires. On peut ainsi leur demander d’éliminer des cibles précises d’aller à tel endroit ou de nous suivre. On peut également les équiper en armes et grenades, le tout grâce à une interface intuitive. Le hic c’est que malgré les intentions certes louables des développeurs cette fonction n’a qu’à de trop rares moments une réelle utilité. D’abord parce que notre escorte se montre peu efficace dans les moments cruciaux et parce que les différents membres de l’escouade se font trop souvent shooter comme des lapins la faute à une intelligence artificielle là encore trop limitée. En partant de ce constat on pourrait se dire qu’il suffit de terminer seul la mission sans se soucier du reste, mais un allié à terre doit rapidement être secouru, il suffit alors de lui faire une injection d’adrénaline, sans quoi le malheureux décède ce qui entraîne inévitablement le Game Over… Fort heureusement, en cas de besoin c’est le joueur qui peut bénéficier des soins d’un allié.

Un arrière goût d’inachevé
Techniquement, Kane & Lynch fait pâle figure en comparaison à d’autres titres actuels. Si la modélisation des personnages principaux se passe de tout reproche, le reste manque clairement de finition. Le Glacier Engine, moteur développé en interne chez IO Interactive montre ici ses limites. Bien que certains niveaux impressionnent par leur taille, les textures affichées manquent cruellement de détails et l’ensemble reste trop terne. Pour couronner le tout, les bugs d’affichage et bugs de collision se multiplient. Des désagréments frustrants dans les phases les plus délicates du jeu mais qui ne plombent pas trop le plaisir de jeu.
La durée de vie du soft en mode solo frise le ridicule. Il vous faudra à peine plus de sept heures pour en voir le bout. Heureusement, le plaisir de jeu est renouvelé et ô combien décuplé dès qu’on joue l’aventure à deux joueurs en mode coopération, dans lequel le gameplay change légèrement. Ici, les deux joueurs peuvent se couvrir mutuellement pour avancer et dans certaines phases de jeu les joueurs doivent agir de manière coordonnée.
Signalons également la présence d’un mode multijoueur agréable et original dans lequel huit braqueurs doivent dévaliser une banque et rapporter le magot en lieu sûr dans le temps imparti.

Verdict :
Dead Men brille par son système de progression guidé par une narration prenante et bien amenée. Les amateurs du genre apprécieront le côté cinématographique de cette production à la mise en scène hollywoodienne. Dommage que la réalisation technique ne suive pas...

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