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Robin des bois

Ecrit par Abulurd le 2010-05-14

Réalisé par Ridley Scott

Robin, sans Batman et sans cape

Après le péplumien Gladiator, Ridley Scott nous remet le couvert avec cette nouvelle version des aventures de Robin des Bois, toujours avec le même acteur vedette Russell "Maximus Gladiator" Crowe. Pas tout a fait la même époque donc, mais encore des combats à l'épée, des chevauchées dans des paysages verdoyants et des batailles épiques. Les mêmes ingrédients font les mêmes plats me direz-vous, mais en fait, quelques différences de taille font que les 2 films se ressemblent autant qu'un tajine et une choucroute.

Car, à l'inverse de Gladiator, "Robin des bois" est une histoire archi connue qui a vu moult adaptations par le passé (même Disney y a été de son remake, c'est dire). On se demandait donc légitimement comment des personnages aussi célèbres que frère Tuck ou le Shériff de Nottingham allaient être traités par Scott. Et c'est là qu'il arrive à nous surprendre, car au lieu d'essayer de conter une énième rébellion à base de "voleurs qui campent dans la forêt de Sherwood et se battent contre le prince et le Shériff", il a pris le parti de nous narrer les débuts de Robin, ou comment Robin Longstride, archer commun dans l'armée de Richard Coeur de Lion, de retour de croisade, est devenu "La légende Robin des bois". C'est une pré-quelle, une sorte de "Robin begins", comme on a eu droit à "Batman Begins" (quand je vous disais que Batman et Robin sont inséparables). Et du coup, les personnages ne sont pas (encore) ce qu'on s'attend à ce qu'ils soient (vous pouvez relire cette phrase plusieurs fois). Au début du film, le Shériff n'est pas (encore) ce grand ennemi juré de Robin, le prince Jean non plus, et surtout, surtout, l'histoire n'a rien à voir avec ceux d'Errol et de Kevin (Flynn et Costner pour ceux qui ne suivent pas).

Bref, un parti pris bienvenu et rafraichissant, qui plante les fondations de la légende (on parie qu'il y aura des suites ?), comme un épisode pilote plante les décors pour une série.

Après, c'est du Ridley Scott, avec ses scènes de combat certes efficaces, mais qui sont toujours hyper hachées au montage et donnent un peu la nausée, et surtout (attention, Spoiler), cette invraisemblable scène de débarquement des français sur les côtes anglaises, et la bataille qui s'en suit, on aurait cru le débarquement de Normandie du soldat Ryan un millénaire avant, avec les mêmes scènes de soldats qui se noient sous le poids de leur armure/paquetage, de flèches/balles qui sifflent dans l'eau, et des barges/barques de débarquement qui accostent. Manquaient plus que les obus de mortier et le crépitement des mitrailleuses tiens. (fin Spoiler)

Voilà, sinon, comme d'hab, Crowe est bon, mais de toutes façons je l'ai toujours trouvé froid et monolithique. En revanche, excellent choix d'avoir pris une Cate Blanchett éclatante, pleine d'assurance et de grâce, et qui campe bien mieux cette Lady Marianne que n'aurait pu le faire une jeune midinette de Hollywood. (nan, mais arrêtez, j'ai pas dit qu'elle était vieille et desséchée Blanchett, toutes façons, c'est Galadriel, et les elfes sont immortels d'abord ...)

Hum, oui, c'est bon, il est temps que j'arrête ...


Avec Russell Crowe, Cate Blanchett, Max von Sydow
Titre original : Robin Hood
Long-métrage : britannique, américain
Année de production : 2010

Robin des bois